un essaim lové sous une sablière à Guchan (65)

C'est la pesante question que se pose un "apivoisin" qui est venu déposer une ruchette à ses pieds.

Il espère que le mamelon lové sous la sablière aura le bourdon et viendra rejoindre le confortable logement social préparé en rez de chaussée.

essaim et ruchette

Un badaud passant par là propose qu'on en profite pour le débarrasser des mouches qui essaiment chez lui mais apparemment cela n'intéresse personne ...

En cette "ruche hour", beaucoup de gens se pressent autour de la vielle reine (ne dites pas qu'il s'agit de la voisine car son mari vous collerait une dégelée royale).

Les heures passent mais la formation reste ferme, campée sur ses positions.

Devant le peu de cas que font les abeilles de leur home, un homme plein d'entrain se propose de mater l'essaim.

capture d'essaim

On le dit même prêt à mettre la main au panier.

capture d'essaim

Finalement, il procède à l'ablation même si ça lui met les abeilles ...




C'est que l'essaim se fait rare de nos jours.


Tout d'abord, il s'expose de moins en moins publiquement, interdisant aux photographes de faire leur miel de ces butinages grivois.

Il sait que la pro-police des mœurs veille au grain et autorise de moins en moins ces déballages publics...

Ensuite, vient se greffer (!) sur le sujet un problème d'ordre social : un buzzzzz se répand selon lequel les ouvrières, mécontentes de leurs conditions de travail, pourraient dorénavant se syndiquer.

C'est un fait que, dans cette république, le statut de reine est de plus en plus contesté.

En outre, à l'heure du "travailler plus pour gagner plus", les abeilles ne supportent plus leur condition de benêt vole.
La promiscuité leur pèse et elles veulent polliniser leur individualité.
Leur devise n'est-elle pas dorénavrant "La bee fait le moine" (du bas latin monachus : qui vit seul) ?

Bref, malgré les apparences, l'essaim ne tient pas la forme et a le moral au plus bas.

Il semble cependant qu'en cette période de crise, face à la rareté de la ressource, certaines abeilles tentent de s'adapter voire même de se recycler.
La preuve en image avec ce miel renouvelable, pur produit d'un agenda 21 :-)



Ceux qui sont intéressés par l'api-culture pourront consulter avec bonheur l'apiwiki et les entomologistes en herbe se délecteront de ces minuscules si capitales pour l'humeur

Filou
Bien relou



Plus exactement l'essaim s'est niché chez le voisin Germain mais l'histoire aurait marché moins bien :-)



Ce billet a suscité une réaction versifiée d'Hélène qui fait le miel de l'Amusoire.

Apparemment, la dame connait bien l'emmailloté qui lui fait des infidélités.
Pour lui éviter d'avoir le bourdon, nous lui conseillerons de faire des économies d'échelle.
En attendant, un grand bravo à elle !


Cachez cet essaim que je ne saurais voir…
Telle une hirondelle accrochée au perchoir
Tel un nouveau né pendu au faîte protecteur...
Chacun plongé dans une douce candeur

Nichés là, manière de reprendre une inspiration
Ou en attente de l’heure de la décoction,
Que sont les précieux cc du nectar nourricier
Recherchés par les meilleurs épiciers….

Mais de pareils appâts les âmes en sont blessées !
Et cela fait venir de coupables pensées,
Aux mamelons manquants de rondeurs
Et aux veinards puérils…culteurs
Qui suspendus à l’objet rond ou concentrique
Echelle de toutes les tentations bee…onique
Sur nos sens fait grandes impressions
Puisque tout se fait caressant et à tâtons….

Certes, je ne sais pas quel bourdon me pique,
Mais à contempler son emmaillotage épique
Moi, je ne suis pas si prompte à le voir descendre
Car il ressemble à mon époux à s’y m’éprendre
Et je n'ai seulement qu'à vous dire deux mots
Essaims ou seins deux pieds dans le même sabot !!!!


Découvrez la playlist abeilles avec André Bourvil